Le marketing olfactif

Marketing olfactif : associer une odeur à une marque pour stimuler l’acte d’achat.
Une boutique de chaussure dans le quartier de l’opéra à Paris. Les clientes viennent profiter des dernières soles. Concentrées : elles n’ont pas remarquées le parfum d’ambiance diffusé dans la boutique.
« -La première impression dans le magasin, ça sent le cuir en faites. Ca fait magasin spacieux, clair et de bonne qualité *rire*.
- On n’a pas remarquée qu’il y avait une odeur.
-C’est fort, féminin, c’est plutôt agréable. Je pense qu’on doit se dire, c’est un peu un parfum qui irait avec une tenue de soirée. »
Depuis bientôt 1 an la marque a décidée de diffuser une senteur d’ambiance dans ses magasins pour marquer l’esprit des clientes et les résultats sont là !
« Ca les mets de bonne humeur, ça les conditionnent à être dans une humeur plus propice à l’achat effectivement. Et par rapport au comportement, les gens sont plus détendus peut-être ou sourit un peu plus, comme le soleil dehors c’est pareil ! »
Un mélange d’essence de bergamote, de patchouli, et de jasmin fait pour s’accorder avec l’odeur de cuir de la boutique. Une fragrance spécialement élaborée pour la marque. Ici à Toulouse, par le numéro un du marketing Olfactive.
« Alors nous sommes ici dans l’entrepôt, dans l’atelier. C’est-à-dire l’espace dans lequel on formule les parfums, on les expédie aux clients. »
Dans ces bidons sont stockés plus de 200 parfums d’ambiances. Certains ont été conçus sur mesure pour des clients, c’est ce que l’on appelle une signature olfactive.
« Nous avons ici une senteur qui s’appelle la brume japonisante, ce qui est destiné à être diffusé dans une grande chaine d’hôtel française ou le mot d’ordre de l’enseigne consiste à dire : je veux que mes clients lorsqu’il pénètre dans l’hôtel bénéficient d’un break. C’est-à-dire que je souhaite que l’ambiance de l’hôtel soit zen, soit décontractée afin que les clients se sentent dans un monde différent de celui qu’ils viennent de quitter qui était le business. Dans cette senteur il y a en particulier du bambou, du gingembre, »
Mais sur ces étagères on trouve aussi d’autres senteurs plus surprenantes, comme celle du pain grillée ou des pancakes. Des parfums très peu demandés selon Pascal Charier. Ces principaux clients sont des chaines d’hôtels ou des marques de prêt-à-porter mais aussi des constructeurs automobiles dont il parfume les concessions dès l’entrée.
« Lorsque l’on sent quelque chose qui vient de sa droite ou de sa gauche de manière non-censurable on va tourner la tête pour savoir d’où ça vient. Donc déjà ça c’est le premier point. Deuxièmement, l’association d’une senteur qualitative à un espace, ou un produit, ou une marque va transformer la perception que le client à de cette marque. »
Autrement dit, le parfum pourrait même aller jusqu’à changer notre vision de la voiture. Les odeurs agissent directement sur le cerveau, elle active la zone liée aux émotions et à la mémoire et réveil à notre insu certains souvenirs.
« Quand vous êtes exposés à une odeur qui sent bon, vous vous sentez bien, vous êtes heureux, vous pouvez être détendus. Ou à l’inverse stimulé, énergisé. Et donc on sait que des clients qui vont se sentir bien dans un magasin, ils vont rester plus longtemps, ils vont toucher plus de produits, et d’être sujet aux achats compulsifs. »
Difficile de chiffrer exactement l’impact du marketing olfactif sur les ventes, certains professionnels affirment qu’il augmenterait de 38% les achats compulsifs. En France, près de 10 000 points de ventes auraient choisis de faire appel au marketing olfactif.